Elle voulait une histoire mais il était lamentablement incapable de lui en conter une depuis deux mois car il avait si peu d'imagination. Alors il essaie, il persévère mais rien ne sort. Mais comme toujours, c'est quand il va mal, quand les cicatrices saignent, quand il commence à se poser tant de questions, quand il sent son c½ur battre à nouveau qu'il y parvient...
Il était une fois un petit garçon, un grand selon sa mère, qui parcourait un si long couloir noir, le couloir de l'angoisse, du vide, un couloir si interminable qu'il pensait qu'il n'arriverait jamais au bout ... celui qui plus d'une fois lui donnait envie de ne plus se battre, de ne plus y croire, de laisser tomber, de tout laisser tomber... et de se laisser lentement couler...
De son côté, dans un couloir lointain mais si proche à la fois, une belle y rodait, seule. Un couloir apparemment bien plus sombrement noir que celui du petit garçon, une voix sans issue pour un avenir en rose, ou celui de l'enfer en étant moins prudent... Le couloir de la folie, de l'angoisse, de la peur. Le poids du passé, son histoire, son échec, son manque de force, son manque de confiance, pour aller de l'avant, pour repartir l'avaient cloitrée ici.
Les deux avancent. Enfin dans les jours les plus sombrement heureux, ils sont immobiles car là plupart des jours passés, ils avancent à contre sens, ils reculent, ils perdent pieds, ils perdent confiance...ils perdent patience, ils haïssent, ils souffrent, ils subissent...
Jusqu'au jour où les deux couloirs s'entrecroisent... un soir, un soir d'automne...il fait froid, il fait chaud, il fait brulant. Une chaleur si intense d'où jaillit une lumière, une petite lumière qui leur fait imaginer que demain, il fera beau, que les arbres fleuriront même en automne, et que ces long couloirs étaient noirs pâles... Allez soyons fous : noir rose.
Le problème avec l'automne, c'est que c'est la saison des tempêtes. Ils se sont trouvés, ils luttent, ils avancent désormais à deux dans un monde sans pitié où les méchants sont légion. Les longs couloirs noirs sont derrières mais le retour à la réalité est délicat. Il faut faire face, être fort, être sage, être patient, être prudent, être tout court car depuis longtemps, ils avaient tout deux oublier de vivre, d'être... Leur vision ont changé, leurs mots ont changé : apprendre, partager, donner, recevoir, écouter, vivre, sourire, faire confiance.
Deux mois ont passés, l'automne a laissé place à un hiver rude. Mais ils sont toujours là, ensemble. Ce n'est pas tout rose, ce n'est pas tout simple, c'est instable, c'est épuisant mais c'est très fort... La folie de la peur, de l'angoisse, du vide s'est progressivement changée en une folie différente, celle engendrée par une passion sans mesure, sans limite, poussée par des sentiments qui mènent à la déraison. Serait il possible qu'Elle devienne plus raisonnable à ses cotés et qu'Il devienne plus passionné, moins raisonnable aux siens. Elle en doute, il en est persuadé....
Le mot de la fin : c'est qu'il l'aime, qu'il souffre de la voir souffrir, qu'il est apaisé quand il la voit sourire, qu'il aimerait la serrer dans ses bras plus souvent, qu'il croit en elle, en eux....
Le long couloir noir est derrière lui. Il attend le printemps.